Le test de Q. I. est-ce un instrument fiable ?

Le test du Q.I. doit être considéré comme un simple outil de mesure, certes supposé fiable dans son élaboration, mais insuffisant à lui seul pour identifier une précocité intellectuelle complexe (c’est-à-dire enfant en échec scolaire, ou notes situées en deçà de 130  malgré le paramètre qualitatif des réponses par exemple) : il s’agit avant tout d’un test psychologique.

En effet, tout résultat à un test psychologique nécessite une interprétation qui ne se borne pas qu’à mesurer les critères seuls définis par ce test. D’autres variables et critères psychologiques sont indispensables pour reconnaître en l’occurrence, une précocité intellectuelle.

L’évaluation de l’intelligence humaine ne saurait se suffire d’un simple étalonnage si sophistiqué soit-il. C’est la raison pour laquelle le test du Q.I. devrait être passé dans des conditions particulières et rigoureuses sur au moins deux points :

Le lieu doit être adapté à la passation c’est-à-dire :

  • hors des lieux scolaires qui rappellent trop les critères d’évaluation scolaire ( bonnes ou mauvaises    réponses, bon élève ou mauvais élève…), ainsi que les attitudes    scolaires. Le psychologue scolaire est souvent perçu par l’enfant,    comme un instituteur ou l’un de ses disciples car il    agit dans le cadre de l’école. Ce fait induit à lui-seul, des    comportements adoptés en milieu scolaire auxquels viennent s’ajouter le    rapport hiérarchique enseignant/enseigné, ainsi    que les enjeux affectifs que draine cette relation, sans compter les    inquiétudes sur l’image de soi par rapport aux autres, lorsqu’il s’agit    d’être mis à l'écart  des pairs durant la passation du test complet, c’est-à-dire environ 2    heures.
  • L’ensemble des processus cognitifs    évalués par le test se trouvent fortement parasités par tous ces    paramètres particulièrement prégnants et inhibants. A titre d'exemple,    j'ai rencontré des enfants en échec scolaire dont le Q.I. avait été    partiellement évalué dans le cadre scolaire. Les résultats au test    étant catastrophiques, ces enfants ont été dirigés  dans des    classes spécialisées. Après évaluation du Q.I. dans les conditions du    test, j'ai vu renaître ces enfants en leur révélant leur précocité    intellectuelle.
  • .Il ne viendrait à l’idée de personne d’effectuer un bilan orthophonique à l’école, pour un enfant présentant des difficultés    d’apprentissage de la lecture, qui plus est pour le test du Q.I.,    susceptible d’évaluer un potentiel intellectuel.

La précocité intellectuelle n’est pas une incompatibilité avec l’apprentissage scolaire, même si paradoxalement des manifestations  en ce sens peuvent apparaître en milieu scolaire. .

L’évaluation doit se passer en dehors de l’école, car la précocité est un don pour apprendre dans des domaines très variés, même si précisément, peuvent en être apparemment exclus, les apprentissages scolaires. Ce don ne peut s’exprimer et se révéler (à plus forte raison, pour ceux précisément, en échec scolaire), qu’en laissant l’enfant libre de penser avec spontanéité, en dehors des conditions et règles de fonctionnement scolaires ressenties par l'enfant en difficulté scolaire comme coercitives ou inhibantes.

Le Cabinet du Psychologue répond à des  critères de neutralité, terrain paisible et lieu de parole authentique .

  • hors du milieu hospitalier (exceptionnellement, par erreur de diagnostic, ou    en cas de doute sérieux sur la précocité. D’ailleurs, en cas de doute,    mieux vaut passer le test de Q.I. au cabinet du Psychologue, pour les    mêmes raisons évoquées plus haut)
  • . La précocité intellectuelle n’est pas une pathologie, ni le fait d’un dysfonctionnement des processus cognitifs.

Le test du Q.I. requiert un climat paisible, sécurisant, où l’enfant sera accueilli par une personne qui se sera présentée lors de l’entretien préalable. La familiarisation d’avec la personne du psychologue accueillant par sa neutralité et celle des lieux dégagés de toute connotation médicale ou scolaire, conditionneront une passation réussie et pertinente.

Le Cabinet du psychologue doit être en terrain neutre, ouvert, rassurant, accueillant pour l’enfant qui va passer ce test.

Le test du Q.I. ne doit en aucune manière être considéré ni comme un examen scolaire, ni un examen médical

C’est en cela que le Cabinet du Psychologue est de loin, le lieu le mieux adapté pour le test du Q.I..

Le praticien doit être qualifié :

  • pour passer le test dans les conditions de passation requises par ce test (voir ci-dessus) ;
  • pour donner une interprétation à la fois concise et approfondie des résultats. Le praticien le mieux habilité à passer ce test étant le Psychologue, il étayera ses conclusions au-delà des notes obtenues, et au-delà des seuls critères du test. Il fondera alors son interprétation en élargissant son investigation à partir :

- des informations recueillies lors de la passation (aspect qualitatif des réponses et comportements de l’enfant en situation) ;

- de l’anamnèse (histoire personnelle de l’enfant) précieuse, lors d’un entretien préalable au test que le psychologue aura mené lui-même, en personne. C’est aller vite en besogne que de passer outre cette investigation préalable. l’entretien clinique devrait faire partie intégrante du test et il devrait être mené par le même psychologue qui passera le test et qui en fera l’interprétation, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas.

Notons, qu’un outil, si performant soit-il , peut être inopérant s’il n’est pas utilisé dans des conditions particulières de manipulations, ni par des personnes qualifiées. Actuellement, trop de passations. ne remplissent pas ces conditions et n’aboutissent pas, en conséquence, à une résolution positive des difficultés que peuvent rencontrer les enfants intellectuellement précoces.